19.03.2004
Il était une fois un amour …
Avez-vous déjà été humilié, refusé, forcé à abandonner ce qui peut être le remède à tous vos maux, obligé d’oublier celui que vous croyez trouver après tant d’espérance, de vous arracher le cœur pour ne plus souffrir et pour ne plus voir l’indifférence conquérir l’amour ? Dans ce qui suit, je parlerai d’un amour prédestiné à mourir avant de naître, d’une histoire qui peut être aussi la mienne que la votre mais surtout d’une réalité que certains prennent imprudemment pour fantaisie.
Subitement, fatalement je suis épris de passion pour toi.
On est loin d’être parfait, et c’est naturellement très absurde d’espérer de l’être. Ce qui est plutôt attendu et normal, c’est de chercher les besoins et les désirs chez autrui. La paix, qui est un état d’équilibre très instable, ne sait être que fugace, elle disparaît de temps à autre pour céder lâchement sa place à la cruelle obsession. Celle-ci qui émerge parce que on avait un besoin et parce qu’on a un désir. En fait, on est fait de raison et de passion, la raison choisit souvent l’amitié, la passion, quant à elle, choisit les caprices mais aussi l’amour, et pleinement, j’éprouve de la pitié pour celui qui, convaincu de la ridiculité de ses passions, se bat maladivement pour offusquer voire, s’il arrivait, détruire sa vulnérabilité. On a tous besoin d’amour et d’affection, ce n’est nullement honteux de le dire, tout simplement parce qu’on est humain et inévitablement sociable, et, on aura beau être complexé, rigide, froid ou glacial, on ne pourra jamais parfaitement dissimuler ce qui est tendre en nous qui jouit de parer nos faiblesses (parfois il faut merveilleusement penser qu’il suffit d’accepter ses faiblesses pour arriver à trouver une paix). Et parce que je vois qu’à chacun son élu, l’on garde toujours, sournoisement, une réserve d’amour inaccessible, une façon d’aimer inapplicable à toute autre personne que cet élu.
« Un jour, tu finiras par remarquer quelqu’un, quelqu’un que tu cesseras de voir indifféremment. Un jour, on parviendra à te charmer et à éveiller le désir en toi, dés lors, tu cesseras volontiers d’être suffisant, tu écraseras ton arrogance et tu congédieras ta raison. » . l’amour est une idée bizarrement peu explicable qui, loin d’être raisonnable, est fondée sur la joie, la rage, la douleur et la tristesse, et aussitôt que l’on est saisi d’admiration, premier ingrédient, l’on consume le quotidien à observer celui qu’on aime, l’on détecte et interprète ses moindres réactions. Et par excès d’intérêt, il devient grand, beau, loin, souhaité et finit par habiter l’esprit et les rêves.
Agir ou ne pas agir, c’est ça la question.
Entre ce que je veux faire et ce que je dois faire, il y a un homme parfaitement révolté, heureusement ou malheureusement endormi. « En amour, rien n’est suffisant, et si le fait de t’observer savait me rendre heureux, à présent il me hante et me fait souffrir. » l’amour est une toxicomanie qui met l’homme dans un état de dépendance psychique dont la gravité est fonction de la sociabilité, le raisonnement et les réactions de l’être aimé. Et tant que l’on continue à croire au délicieux mirage d’amour, une affreuse alternative persiste dans l’esprit : soit agir et nourrir l’envie qui presse davantage, soit ne pas agir et sombrer dans le silence et les remords. Ainsi, se présente deux scenarii pour comprendre ce que sont le courage et la lâcheté, la témérité et la prudence.
Je ne veux point inciter à agir ni à légitimer toutes les choses ridicules, absurdes et insensées qu’entraînent les passions, mais il serait intéressant de dire que dans le festin de monsieur Amour, madame Raison est la dernière à être invitée, parce que je considère qu’un amour que la raison assujettit ne serait qu’une sorte d’handicape, de refoulement, un obstacle à l’épanouissement affectif. « Donc je décide de te parler, parce que mon cœur avait ses raisons que ma raison ne connaissait pas, et je m’infiltre dans ton monde. »
Je veux te savoir à moi seul mais manifestement tu ne l’es pas.
Entre ce que je veux faire et ce que je dois faire, il y a un homme parfaitement révolté, heureusement ou malheureusement endormi. « En amour, rien n’est suffisant et si le fait d’être à tes cotés savait me rendre heureux, à présent il me hante et me fait souffrir. » effectivement, on devient toxicomane par les fausses apparences et les interprétations erronées qui abusent l’esprit par leur caractère séduisant. Et telle une proie misérable à la merci d’un prédateur féroce, la solitude me rend ironiquement trop sentimental, fatalement et cruellement utopique et me laisse rêvasser et caresser les illusions. « Les points fermés, les dents serrées de rage, je me noie dans la tristesse, me replie et enterre en moi un chagrin qui arrache, brise et crève mon cœur. Je saigne, pleure et me convaincs que tu n’es pas à moi. »
Etant amèrement raisonnable, il faut admettre qu’il doit y avoir des exceptions pour confirmer les règles (l’accepter de bon gré sera plus consolant et mieux que d’être choqué par la réalité qui l’impose crûment). Ainsi, si la plupart des histoires d’amour finissent (ou bien commencent) par un baiser, il est d’autres où les déconvenues et les déceptions abondent dés le départ. En d’autres termes, découvrir que l’on est en train de vivre un amour impossible est évidemment trop pénible à endurer (c’est le moins qu’on puisse dire). On déprime, désespère, hallucine et l’on croit que seul une amnésie ou un suicide parviendront à désintoxiquer l’esprit et chasser le mal et le chagrin.
Celui dont le rêve est devenu nostalgie
Affronté à l’échec, à la réalité amère, on se retrouve seul, obligé à obéir et accepter. On évoque inlassablement le rêve inaccompli, le désir insatisfait qui ne fait que remplir l’esprit de regrets mélancoliques. « L’idée de renoncer à mon espérance, d’oublier me révolte, comment puis-je laisser passivement le temps guérir mes douleurs, comment accepter de te perdre et comment puis-je dissiper ton indifférence humiliante pour te convaincre de mes intentions… ».
Tout est relatif, je veux dire que rien n’est tel que par rapport à une autre chose. Si j’ai souffert, c’est peut être parce que je ne suis pas l’élu de la personne qui m’a fait involontairement souffrir. Si je souffre, c’est peut être parce que je suis refusé et parce que ma félicité trop escomptée n’est aussitôt qu’ironiquement prometteuse. Peut être (j’ai intérêt à être sûr) que je me suis trompé d’élu, donc trop tôt pour baisser les bras et renoncer à la découverte d’une autre personne.
Certes un amour impossible est le comble du chagrin, mais il reste tout de même une expérience que le temps sait parfaitement banaliser. « Je sais que je finirai par t’oublier. »
Je n’en reviens pas que c’était moi ! (Phrase écrite après 3 mois)
15:55 Publié dans Hors série | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Oui !
Le rêve est une partie indissociable de celui qui aime vivre…on ne le maitrise pas, il est imagé, colorié de noir est de blanc, fugace…mais c’est souvent ce dont on se rappelle au beau matin…de la vie.
Et finalement l’amour n’est qu’un rêve, illusion, mais c’est ce qui nous permet des fois de retrouver la part de vérité en nous…en tout simplement de nous réveiller en sueur, n’est ce pas ?
Au fait, à l'usure, on finit par oublier et rêve et amour...mais on continu à s'en inventer, ou on en subir tant d'autres.
Ecrit par : Houdac | 05.12.2008
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